Confinement, pas confinement ?

Confinement ou pas confinement ? Macron confine les grandes villes en France, Johnson la moitié de l’Angleterre avec des protocoles différent dans chaque région et Trump dit aux américains de choisir le masque ou pas, sans se positionner ni dans un sens ni dans l’autre.  Allez-y comprendre quelque-chose….

Moi j’ai repris la route de Montauban à 40 kilomètres de chez nous pour y aller gagner quelques euros et nous payer des arbres. Notre verger se boise à mon grand bonheur avec toutes sortes de nouveaux venus qui contribuent à la création de ce jardin-forêt, projet à long terme.

Les premiers légumes vivaces y ont fait leur apparition l’an dernier avec quelques artichauts et la mise en place de quatre butes a permis des  récolte fructueuses de fèves au printemps, suivies  de poivrons aubergines carottes et haricots verts cet été.

Surprenant mais vrai, nous cueillons encore des haricots et il reste une dizaine de poivrons qui profitent des derniers rayons de soleil. Les quelques laitues repiquées la semaine dernière sont trop tentantes pour les limaces gourmandes et disparaissent la nuit…

A la pépinière Sebtan, à St Martial près de Montauban, le mois dernier nous avons découvert  des merveilles  comme ce poivrier du Sechouan dont les feuilles très parfumées sentent le pamplemousse ! Une fois sa maturité atteinte ce ne sont pas les grains de poivre qui sont utilisés mais leurs enveloppes…Le parfum qu’il dégageait nous a complètement séduits et je l’ai planté hier dans le verger entre deux averses.

Nous avons aussi ramené deux pieds de vigne américaine, un blanc Isabelle et un noir Noha,  qui ne souffrent pas de mildiou ni d’oïdium ni d’aucune autre maladie dont souffrent nos vignes en France. Ne pas traiter nos fruits et légumes est une priorité majeure et ces deux vignes n’ont pas besoin d’être ni traitées ni taillées pour produire abondamment.

 J’ai la voix de maman dans les oreilles : « tu n’auras jamais de fruit si tu ne traites pas, et si tu ne tailles pas, tes fruits seront tout petits » Elle a tellement travaillé sa terre qu’elle avait son mot à dire sur tout ça, et elle ne s’en privait pas même si notre père était mort d’un cancer généralisé, lui qui allait traiter ses arbres et sa vigne  sans protection aucune et sa gauloise aux lèvres….

C’est elle qui m’avait aidée à planter nos 20 premiers fruitiers à l’automne 2011. Le champ avait été labouré une toute dernière fois (il ne l’a plus été depuis), un voisin m’avait fait des bons trous et enfoncé  des piquets de châtaigner avec sa pelle mécanique et les arbres fruitiers racines nues avaient été livrés la veille au soir. Un par un, Maman me tenait mon arbre bien droit pendant que je refermais les trous avec un mélange de composte.

Notre terre est une glaise épaisse et lourde qu’ils appellent « l’amoureuse » dans le coin tellement elle colle aux bottes. Nous avions passé une belle journée ensemble. Nous  étions allées déjeuner au village avant de finir éreintées toutes les deux en fin de soirée. Dans les années qui ont suivi elle a beaucoup reparlé de cette journée tant elle l’avait aimé.

 Les quelques pieds de Chasselas de Moissac et de Muscat de Hambourg que j’ai planté il y a 10 ans et que je n’ai jamais traité donnent des résultats  très moyens jusqu’à présent mais c’était la vigne de mon père et de mon enfance et j’y suis très attachée. Cette vigne là je la taille et Je continue à lui chercher des solutions pour qu’elle reste saine et produise plus. Aujourd’hui  j’ai donc paillé nos trois rangs, 20 pieds en tout. Cette pauvre terre agricole a reçu tant de pesticides et d’engrais par l’ancien propriétaire et il est difficile d’évaluer le temps nécessaire pour que les vers reviennent et que  la vie du sous-sol se régénère…

J’ai regardé les vidéos de Damien Dekarz sur ce sujet et j’ai voulu essayé cette vigne américaine.  J’ai décidé de lui donner beaucoup de place en hauteur puisque pas besoin de la tailler systématiquement chaque année et je vais donc planter des piquets de 2m50 (0m50 dans le sol) et faire une sorte de pergola au-dessus des framboisiers qui ont besoin d’ombrage et qui n’ont rien donné cet été à cause de la chaleur. Faire des boutures avec ces vignes est un jeu d’enfant, on coupe une ramure et on la plante dans du bon terreau. La nature est extraordinairement généreuse.

Et puis nous avons ramené aussi deux petits fejoas, arbres du Brésil que nous avions admiré chez des cousins de L’ile de Ré. Notre oncle Robert en avait planté deux dans son jardin il y a au moins 45 ans, et a une réunion de famille récemment nous avions mangé dessous. Les fleurs sont aussi ravissantes qu’étonnantes et les fruits délicieux nous disaient les cousins.

Nous allons retourner chez Sébastien et Cécile fin octobre avec une autre liste de leurs trésors. Ils déménagent sur Albi en décembre et nous aurons moins d’opportunité à nous rendre là-bas.

Je pars maintenant planter des jonquilles dans le verger et le plaisir de les planter se doublera quand elles sortiront dans quelques semaines quand je ne me souviendrais plus de les avoir plantés! Ha ! Ha !

Vieillir a des avantages : on s’émerveille continuellement

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