Depuis quelques jours le champ des ânes est accessible aux poules. Avec les grosses chaleurs il m’avait semblé nécessaire de leur offrir plus de confort.
La porte de leurs enclos s’ouvre le matin quand je vais les nourrir et je la laisse ouverte toute la journée. Elles peuvent alors descendre les quelques marches de leur « perron » et par un trou dans la clôture, se retrouver chez les ânes où il y a de l’ombre et de l’herbe à gogo. Entre leur enclos et celui des ânes il y a un autre petit espace clôturé, une sorte de sas, qui fait la jonction entre les deux enclos. Cet espace clôturé fait aussi office d’entrée et de sortie des ânes.
Le champ des ânes fait quelques deux-cent mètres en longueur et la moitié a été sécurisé avec des bambous côté verger et des branches de saule côté route. Je n’ai pas fini avec les bambous mais je pensais qu’il était raisonnable de penser que mes poules n’iraient pas s’aventurer aussi loin, avec la buse qui niche au-dessus dans le grand cèdre. “manque de vigilance!” dirait Edgar-Yves.
Et oui, parce-qu’ hier après-midi, j’en ai retrouvé quelques-unes sous les cotonéasters qui longent le potager, et d’autres près de la maison. Et très à l’aise mes poulettes, comme si elles y venaient tous les jours, naturellement.
C’est si joli des poules partout. Ça fait de la vie et Lena a fait ce choix-là. Mais moi, je veux des plates-bandes fleuries qui changent avec les saisons, qui m’apportent les lézards, les abeilles et les papillons…et je ne veux pas de la fiente partout sur la terrace et partout ailleurs. Je ne veux pas devoir me déchausser chaque fois que je rentre dans la maison, au cas ou j’aurais de la merde sous les chaussures…
Mais bien sûr, c’est sans miser sur l’intelligence de mes gallinacées. Par où étaient-elles donc passées mes jolies ?
La seule alternative est qu’elles s’en soient allées loin dans le champ de ânes, là où la clôture à mouton leur donne la possibilité de passer à travers puisqu’il n’y a pas encore de bambous pour leur barrer la route. Elles se retrouvent alors sur le chemin des lavandes qui les ramène sur la maison….
J’ai aussi retrouvé la grise dans le jardin. Aucune idée comment elle y était entrée, puisque lui aussi est clôturé depuis Solo…Elle m’y a mangé une petite laitue bien tendre.
En début d’après-midi, après qu’on ait sorti les ânes, je suis allée vérifier les progrès de la petite poule noire. Voici quatre jours que ses petits sont nés et elle n’est toujours pas sortie de son nid. Hier j’ai vu deux petites têtes, une noire et une blanche, qui sortaient d’entre ses plumes et je me disais qu’il était temps qu’elle aille les nourrir….
En passant ma main sous son ventre j’ai retiré 3 œufs que je suis allée regarder sous une lampe : pas de vies là-dedans. Je suis donc retournée au poulailler pour descendre la petite famille de son nid. Il était grand temps.
J’ai trouvé deux petits poussins noirs, déshydratés et faibles, que j’ai déposé au sol près de l’abreuvoir. J’ai vite réalisé qu’ils étaient sans force aucune alors Je leur ai plongé le bec dans l’eau fraiche à plusieurs reprises. Ils ont eu l’air de sortir de leur torpeur et se sont abreuvé longuement. Soulagement momentané…
Dans les moments qui ont suivi, leur mère les appelait mais eux ne bougeaient pas, comme s’ils n’entendaient pas. Je me suis dit, ils ne vont pas survivre ces deux-là …ils sont trop affaiblis. Que faire ? laisser la maman gérer ? réfléchissons…
En retournant au le nid à la recherche du poussin blanc que j’avais aperçu le jour d’avant, j’y ai trouvé un petit corps sans vie sous la paille…Il ne pesait que quelques grammes.
Pendant que je m’occupais de mes poussins j’ai assisté aune scène insupportable : quatre poules perchées sur Pauline cahin-caha, la piquaient au cou en la maintenant au sol. La pauvre Pauline criait à s’en décrocher la gorge et j’ai dû intervenir, en me disant que maintenant cette situation n’était plus acceptable.
Pauline et Paulette. Ces deux petites ont eu la vie vraiment dure depuis qu’elles ont rejoint les autres. Paulette ne sortait pas du nichoir avec le gros coq blanc qui l’attendait et dont elle ne voulait pas. Idem avec le nouveau coq. Depuis elle a toujours peur. Quand elle sort, c’est pour monter sur le toit du nichoir où elle y reste pour la journée. Je lui donne quelques graines là, où personne ne vient l’ennuyer mais ça n’est pas une vie ça. Quant à Pauline, elle se fait attaquer régulièrement et vicieusement par les autres poules beaucoup plus grosses qu’elle.
En rentrant j’ai téléphoné à Lena. Elle aime tant les poules. Peux-tu me prendre mes deux petites ? Pas cette semaine, je ne suis pas chez moi. Mais tu sais elles ne vont pas forcement être acceptées par les miennes. Et si elles ont peur, les autres le sentiront et attaqueront.
Alors j’ai nettoyé l’ancien enclos des pintades derrière la bergerie et hier soir j’ai déménagé mes filles. Elles y seront bien.
Pour ce qui est des poussins, je suis allée chercher la caisse qui avait servi aux autres poussins, ceux élevés dans la salle à manger, du moins pour les deux premières semaines sous la lampe. La mère et les deux petits y sont dedans et la caisse reste dans le poulailler pour quelques jours, le temps pour les petits de grossir un peu sans danger ni stress pour eux autant que pour moi.
La décision de la caisse m’est venue quand la mère des deux nouveaux petits a bloqué agressivement l’entrée du poulailler à l’autre mère et ces cinq petits qui rentraient pour la nuit. Son sixième, le petit blanc, a disparu il y a deux jours…la buse ?
Il est maintenant 21h et les ânes appellent là-haut. On y va et sur la route on rencontre la belle Sibou toute seule. C’elle qui avait attaqué Dora et même si ça n’avait pas été mortel, elle avait abimé notre vieille brebis. Les clôtures ont été réparées et Sibou n’y rentrera plus mais elle s’échappe souvent et peut faire des dégâts.
Ou est Sylvie ? va appeler Sylvie ! Ah non !!! On va chercher les ânes et on voit après.
Au retour on rencontre Sylvie qui cherche sa chienne…. Elle nous envoie un message plus tard : retrouvée ! La belle était allée prendre un bain dans la mare en face de chez Françoise et Jean- François…
Une journée bien chaotique mais avec un sourire, un cadeau tard dans la soirée : Nous qui aimons les chauves-souris, l’une d’elle est entrée dans la maison par en bas, toutes les portes étant encore ouvertes, et montée à l’étage nous saluer et puis s’en est retournée…
Demain je garde les poules dans leur enclos. J’ai besoin de repos sans nouvelle surprise.