Un joli visiteur

Oh ! Yves, regarde !

Il longeait la clôture entre la route et le poulailler, là où nous avions nettoyé avec Thierry le mois dernier. Là où sur une vingtaine de mètres, ce n’était que broussaille et entremêlement, maintenant le soleil levant filtre sa lumière si douce de sous-bois entre les gros frênes et les érables encore verts et la dépose au sol sur les feuilles mortes en surplomb du poulailler.

Avec la débroussailleuse municipale qui chaque année rase les arbres de haut en bas, nos amis les arbres ont repoussé leurs branches de plus belle et crée un mur impénétrable coté route. Le passant devine le poulailler derrière sans vraiment le distinguer clairement.

Il semblait réfléchir en marchant comment rejoindre les poules mais les 2m40 de bambous à la verticale l’en empêchait. Etonnamment notre présence ne le gênait pas du tout.

Yves était venu m’aider à poser des vieux volets à l’horizontale sur des parpaings à 40 centimètres du sol pour faire un abri pour les poules quand il pleut. Nous avons passé quelques instants à le regarder en silence admiratifs : du vert et du rouge avec un col blanc et une longue queue bien effilée. Quelle élégance !

Le soir venu j’ai retrouvé notre ami le faisan dans le potager, toujours à la recherche d‘une ouverture sur le poulailler…mais sans succès.  Le lendemain matin, victoire, il les avait rejointes. Depuis il se promène un peu partout dans le pré des ânes, près du potager et autour de la maison. Joli spectacle !

Avec l’ouverture de la chasse ils sont partout. Elevés comme des poulets ils ne semblent pas se rendre compte du danger que représentent les humains. Ils sont lâchés par centaines et on en voit beaucoup par ici à ce mois de l’année. Au printemps, les males qui ont échappé aux fusils, lanceront leurs cris pour attirer ses dames, et dans le verger ce sera tout un concert…comme chaque année.

G aimerait défricher sous le tunnel, là ou les genets ont colonisé le terrain dans son entier, mais c’est justement là que les lièvres et les faisans y trouvent la sécurité. Le dilemme est récurrent : ce terrain, il est pour nous ou pour eux ? et pourquoi pas pour tous ? nous avons suffisamment de terre pour nos besoins sans avoir à en créer plus. Personnellement ça me va que les genets leur offrent une protection contre les rapaces et le renard.

Quand quelques cailles surprises, s’envolent au détour d’un chemin dans un froufroutement d’ailes, qu’un lapin assit sur son derrière, se nettoie le bout du nez avec la rosée du matin, c’est si joli et chez nous on peut le voir. Des scènes simples de la nature qui emplissent l’âme de contentement.

Le renard qui avait l’habitude de traverser le champ des ânes la nuit, a trouvé son chemin barré par des bambous depuis hier. Et oui, ce champ qui va être ouvert aux poules bientôt, ne doit plus lui être accessible pardi ! Il devra le contourner… mais en attendant ici et là il creuse comme ça pour voir s’il n’y a pas moyen de soulever cette maudite clôture…

Avec le froid d’automne qui s’installe les deux couples de chauve-souris qui ont leur nid sur le pilier du hangar et qui nous enchantent les soirs d’été avec leurs danses et arabesques, ont décidé de rester cachées dans leur boite. Peut-être hibernent t’elles déjà.

Ce matin je me suis réveillée avec la goute au nez, la gorge qui gratte et une toux bruyante. Gingembre, miel et citron…J’ai somnolé toute la journée après le déjeuner des animaux.

La nuit va tomber bientôt, il me faut aller chercher les quelques pommes qui restent au verger pour les brebis ou plutôt pour Dini et Dora. C’est notre plus vieux couple et ils boitent maintenant. Ils sont fragiles et on a envie de leur faire plaisir. Alors un bol de pommes coupées en morceaux fait bien l’affaire, ils en raffolent. Les pommiers ont bien tenu cette année malgré la sècheresse et si les pommes sont plus petites elles sont toujours aussi délicieuses.

Depuis deux jours les buches brulent dans la cheminée et j’ai moi aussi envie d’hiberner.

Leave a Reply