Trouvées au sol à une centaine de mètres de chez nous, sur le chemin sous le moulin de Raymonde, Jonathan les a ramenées à Nadine qui les a nourries depuis. Elles sont maintenant dans la volière à côté de Paulette et Pauline. Il y a de l’ombre et du frais avec les arbres et Nadine passe régulièrement les nourrir.
Elle a fait des recherches sur comment en prendre soin jusqu’à ce qu’elle les relâche. Elle a contacté le centre de Millau, Centre Régional de Sauvegarde de la Faune Sauvage Caussenard ( 05 65 59 09 87 ) et il est clair que les petites corneilles ont besoin de plus d’espace.
Avant d’arriver chez nous nadine les sortait tous les jours en forêt non loin de l’endroit où elles ont été trouvées pour qu’elles se familiarisent avec cet environnement et en espérant que les parents soient toujours dans le coin. Elle les laissait sautiller et piailler, puis elle les reprenait et hop ! dans leur boite et on rentrait.
Elle nous a décrit en riant comment les petites dorment : sur le ventre, ailes et pates écartées à plat et la tête posée sur le côté …comme des bébés. On ne sait pas ce qui est le plus drôle dans cette scène : Nadine qui se contorsionne pour mimer cette posture insolite ou l’image des oisillons qui dorment comme des nouveau-nés. La première fois que je les ai vu comme ça, je les croyais mortes elle nous dit.
Elles ont besoin d’espace pour apprendre à voler et je n’ai qu’une petite cage qui ne fait plus l’affaire.
Apparemment la maman les reconnait à leur cri jusqu’à 5 jours après une séparation. Les 5 jours sont vite passés mais peut-être que d’autres corneilles adultes prendront la suite une fois libres ? Il serait intéressant de pouvoir les suivre une fois dehors…
Tu peux utiliser notre volière qui est vide pour le moment. Descend voir, elle est derrière la bergerie. Elle accepte toute ravie pour ses petites. Quelle aubaine !
Et si ça t’intéresse je peux aussi prendre le relai dans la journée quand tu es occupée. Prendre soin de ses petites lui demande beaucoup de temps et elle est fatiguée.
Ce matin, le premier matin que je remplace Nadine, je les trouve perchées l’une à côté de l’autre à 1m50 du sol. Elles me regardent et on sent une intelligence incroyable dans leur regard. Elles sont vraiment très grosses pour des bébés je me dis. Elles m’observent quand je rentre dans la volière de Pauline et Paulette. Quand je rentre dans la leur et que je m’approche elles ont compris, elles ouvrent le bec en grand. Elles sont prêtes. Banane pommes fromage…et puis quand elles sont repues elles n’ouvrent plus le bec me tourne le dos et s’activent sur leur perchoir : elles sont à la recherche de tout ce qui pourrait se déloger, se tirer, se soulever…Elles sont curieuses de tout.
Elles ne partiront jamais nous dit Sylvie. C’est comme des chiens. Une fois chez toi pendant quelques jours, elles sont chez elles.
A midi, quand je rentre dans leur volière elles descendent de leur perchoir et courent vers moi, becs ouverts. Décidément l’adaptation est rapide. Elles mangent, boivent et s’en vont jouer. Je lis que les corneilles se familiarisent très vite à des nouveaux milieux. En effet ici, elles sont passées de leur boite en carton chez Nadine, à ici, 40 mètre cube d’espace, sans problème apparent. Elles semblent toute heureuses de retrouver Nadine quand elle vient vers 15h avec de la nourriture. Nadine repassera ce soir. Elle m’amènera tout ce dont j’aurais besoin demain pour les deux premiers repas de la journée.
Deuxième jour, pareil. Elles se gavent de nourriture puis s’en vont jouer. Au loin j’entend régulièrement des Corneilles crier.
Mais au fait quelle est la différence entre les corneilles et les corbeaux ? je demande à Nadine. Elle hause les épaules, je ne sais pas dit-elle, mais je devine que ce sont des corneilles.
Les corneilles sont plus petites que les corbeaux et ont le bec noir. Elles vivent en grandes bandes et arborent les villes facilement. Les corbeaux sont beaucoup plus grands, solitaires ou en couple, et leur bec est gris avec un petit crochet au bout comme les oiseaux de proie seulement plus petit. On ne les trouve pas en ville. Donc c’est bien des corneilles dont on s’occupe avec Nadine.
Ce matin elles volettent d’une branche à l’autre dans la volière. Le coin du bec est encore un peu jaune et ils ont toujours un petit duvet au milieu de leurs plumes. Combien de temps avant qu’elles soient independantes ?
« Un des sujets sur lesquels Le Centre Régional de Sauvegarde de la Faune Sauvage Caussenard travaille particulièrement, et surtout en cette saison, est celui des oisillons qui quittent le nid avant de savoir voler et s’émancipent au sol. Il est tout à fait normal à cette période de croiser un jeune merle sautillant au sol. En quelques jours, il aura pris son envol ; ses parents l’accompagnent, le surveillent, le nourrissent même s’ils ne sont pas visibles ! Un oisillon au sol n’est pas forcément en difficulté, ou abandonné.
Les centres de sauvegarde reçoivent de nombreux jeunes animaux (presque la moitié des accueils) ramassés « à tort » par des personnes voulant bien faire. Malheureusement, les soigneurs ne remplaceront jamais des parents !”
Et c’est bien ce qui inquiète Nadine : Une fois qu’elles sont capables de voler, elles ne sauront pas forcement se nourrir toutes seules. Pour le moment on enfonce profondément la nourriture au fond du bec, faute de quoi elle est rejetée. Elles ne savent pas l’avaler si elle est juste posée au bout du bec.
Nadine leur laisse des graines dans un pot. Ce matin il n’y en avait plus. Les avaient elles mangées?
Nous parlons de tout ça cet après-midi, peut-être laisser la porte de la volière ouverte quand il nous semblera le bon moment et continuer à venir plusieurs fois dans la journée leur proposer de la nourriture…