Janvier 2026

La première semaine de Janvier a été foudroyante. Clouée dans mon lit avec fièvre et migraine, je n’ai pas entendu les pintades crier un soir. Le lendemain c’était trop tard. Une petite chienne échappée avec ses deux petits les avait mangés. Le grillage déchiqueté offrait un trou béant et le sol de leur enclos recouvert de leurs jolies plumes. Tristesse.

D’où sortait-elle cette petite chienne ? Nous avons réussi à la faire entrer avec ses petits dans une remise, elle était bien mignonne la coquine, et appelé le maire avec photos à l’appuis. Reconnaissait-il les coupables ? Oui puisque le propriétaire est venu les chercher le lendemain matin. Quand j’ai ouvert la porte de la remise ils en avaient mangé tout l’intérieur ! Apparemment elle s’échappe souvent depuis qu’elle a ses petits nous a dit le jeune homme. A les avoir caressés je ne suis pas étonnée : ils sont maigres comme des coucous et pleins de tiques. Ce propriétaire ne s’en occupe pas bien. D’ailleurs ils ne voulaient pas monter dans son 4X4 et il a bien fallu 20 minutes pour y arriver finalement. Dès que la chienne arrivait à s’échapper et ressortir de la voiture, elle venait se réfugier entre mes jambes, moi qui l’avais nourrie hier soir.

Elle était venue leur apprendre à chasser chez nous : Après les pintades ils s’étaient attaqués aux brebis qui traumatisées s’en étaient allées se cacher je ne sais où. Elles ne sont pas rentrées dans la bergerie pendant quatre jours. Ni le grain ni le foin n’ont été touchés. Quand je les ai revues, Dora était dans un piteux état, la pauvre.  Heureusement elle va mieux et reprends de l’appétit. Elle a perdu des grosses touffes de poils ici et là laissant apparaitre sa peau nue et rougie par des morsures.

Notre nouveau coq dont j’étais si fière, a décidé lui aussi de m’attaquer. Décidément je n’ai pas la côte avec ses messieurs ! une vidéo sur YouTube m’a montré comment le tenir avec le bec au sol pendant une bonne minute et puis doucement relâcher l’emprise avant de reculer. Il reste cloué au sol le temps de réaliser que le dominant est parti, suite de quoi il reprend ses activités de gallinacé…apparemment ça marche. Il faut que j’essaye.

Et puis le grand cèdre derrière l’abris des ânes est tombé avec le vent. Coup de bol, il s’est abattu du bon côté sans créer de dégâts. Il est mort depuis quelques années et c’est le lierre qui avec des branches épaisses comme le bras le tenaient debout et donnait l’illusion d’un arbre vivant. Les ânes se régalent avec ce lierre dont ils sont friands mais ils ont une sagesse étonnante, un instinct solide ou les deux : le lierre mangé en grande quantité leur donnerait la diarrhée mais j’ai constaté rien de cela dans leur champ…

La fin de janvier a été plus clémente. Beaucoup de pluie la nuit et des grands ciels bleus pendant la journée. J’ai une nouvelle paire de bottes et je ne crains plus la boue. Les ânes sortent tous les jours même avec un peu de bruine. J’ai de belles photos de Geoff et Bijou derrière la grange côté nord pour mes aquarelles…Toutes les réserves se remplissent. Le bassin a poisson a enfin une pompe filtrante qui devrait éclaircir l’eau complètement en quinze jour. La partie restaurée de la grange a maintenant l’électricité, bonheur.

 Une visite chez Pierre pour des orteils douloureux. Il me découvre un début de goutte. Je pensais que la goutte était un symptôme chez les alcooliques, et bien non. Rien de stressant puisque l’homéopathie est très performante ici.

Depuis l’apparition de Jésus pendant mon hypnose fin décembre, j’avais eu envie d’aller communier. Je n’avais pas fait ça depuis ma communion solennelle…il y a 58 ans.

L’opportunité s’est présentée à l’enterrement de Janette. Nous l’avions rencontré pour la première fois, elle sur son vélo et nous à pieds, quand nous nous sommes installés ici sur le pech il y a maintenant plus de 15 ans. Elle était étonnante de vitalité pour une personne déjà bien âgée, avec des yeux qui pétillaient. Et depuis ce jour on bavardait souvent elle et moi sur le bord de la route. Son mari était alité depuis bien longtemps et c’est elle qui s’en occupait. C’était dur. Ils étaient dans une maison de retraite tous les deux quand elle est tombée.

Ce mercredi là il faisait un froid de canard. J’avais garé ma voiture en bas du village et je montais la rue du Four avec le vent qui me gelait les oreilles. Devant l’église le monde commençait à arriver et les connaissances bavardaient en chuchotant. Je ne pensais qu’à une chose, rentrer dans notre église vite vite avant de prendre mal.

Quand le prêtre a annoncé l’eucharistie j’ai dit merci en moi-même. Je ne m’attendais pas à ce qu’elle soit offerte et j’y suis allée en souriant de plaisir. Lui-même a remercié la famille pour l’avoir demandé, ce qui est chose rare lors d’un enterrement maintenant a-t ’il dit.

Adolescente, l’abbé Rougean avec beaucoup d’affection m’avait surnommée « la brebis égarée » parce que je ne voulais plus mettre les pieds dans une église…

Il n’est jamais trop tard l’abbé, je reviens au bercail !

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